L’aventure du Tourisme :

A l'égal de nombreuses autres vallées alpines, celle de Sixt Fer à Cheval fut "découverte" sur le plan touristique par les Anglais, charmés des "splendeurs que la nature avait amassé en ces lieux". A partir du XVIIIè siècle, Sixt reçoit la visite de différents scientifiques, en particulier des géologues et des naturalistes. Mais, comme pour la vallée voisine de Chamonix, c'est avec l'arrivée des anglais que débute l'essor touristique de Sixt Fer à Cheval.

 

En 1854, Sir Alfred Wills, avocat à la Cour de Londres et membre fondateur de l'Alpine Club, découvre la vallée et en tombe amoureux. Il fait alors construire le Nid d'Aigle au Cirque des Fonts, à 1400 m d'altitude. C'est dans ce chalet qu'il reçoit chaque année un petit groupe de visiteurs britanniques. Les habitants de la vallée vont, tout naturellement commencer à tirer partie de cet engouement pour la pratique de la montagne.

 

Se proposant d'abord comme guides " indépendants ", ils se constitueront en société vers 1856 et fonderont la Compagnie des Guides de haute montagne de Sixt en 1865, juste après celles de Chamonix et de Saint Gervais. Un livret "Les débuts de l'Alpinisme à Sixt" écrit par Hubert Ducroz est en vente à l'Office du Tourisme (3€). Edition de l'Association des Amis de la Réserve Naturelle de Sixt.

 

En 1899, Pierre Marie Moccand dit "Pierre au Merle" ouvre au hameau du Molliet le café-musée "Aux Merveilles de la Nature". Il y expose animaux naturalisés, racines aux formes insolites, poteries et bibelots divers. Il installe un carrousel alimenté par l'eau d'un torrent, aménage un sentier d'accès aux cascades et édite collection de cartes postales. Le salon de la carte postale organisé chaque année rend hommage à ce pionnier. Un livret de 56 pages sur la passionnante histoire de Pierre au Merle est à la vente à l'Office du Tourisme au prix de 7.60€

 

Puis vint la construction des premiers refuges, du chemin de fer qui reliait Annemasse à Sixt Fer à Cheval (activité qui cessa en 1959), des premières remontées mécaniques. Et l'aventure touristique devint une activité économique.

 

Les différentes visites guidées organisées, tant pour la clientèle individuelle que pour les groupes, par les Guides du Patrimoine des Pays de Savoie de Sixt Fer à Cheval vous permettront de découvrir en grande partie cette histoire et de pénétrer dans l'abbaye. Un circuit des chapelles permet de faire le tour des neuf petits édifices dont deux sont en montagne, l'un au village d'alpage des Fonts, l'autre à l'alpage de Sales.

 

Le rêve minier

Pensant échapper aux vicissitudes de l'agriculture de montagne, les sizerets crurent que le minerai de fer leur apporterait de meilleures conditions de vie.

 

Les premières traces de tentatives d'exploitation de minerai remontent au XIVè siècle, mais c'est en 1807 que débute véritablement ce " rêve minier ".

 

Les relevés attestent la présence de cuivre, d'argent, de plomb, de fer et d'or. Différents propriétaires se succèdent à la tête des mines où les hommes exploitent maigrement et dangereusement le fer jusqu'en 1853. Et c'est en cherchant de l'or que Jacques Balmat, premier vainqueur du Mont-Blanc, trouvera la mort à l'âge de 72 ans dans le secteur du Mont-Ruan.

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, un livret est à la vente à l'Office du Tourisme sous le titre "Le rêve minier - XVIIème - XIXème siècle". Très complet, il vous permettra de mieux connaître cette partie de l'histoire Sizère.

 

Texte de Claude Castor. Edité par l'Association des Amis de la Réserve Naturelle de Sixt

Prix de vente : 1.50 €

 

L’abbaye :

Lorsque, il y a plus de douze mille ans, le glacier du Giffre se retira aux abords du Mont Ruan, il laissa à sa place la vallée que nous connaissons de nos jours. Beaucoup de soleil et d'eau permirent à une végétation abondante de se développer, fournissant très tôt un abri aux animaux sauvages et retardant pendant longtemps l'arrivée de l'homme. Si l'on a découvert des tombes Burgondes dans le village voisin de Samoëns, il semble que la vallée de Sixt Fer à Cheval n'ait pas été occupée de manière permanente avant le douzième siècle.

 

C'est en 1130 qu'Aymon, seigneur de Faucigny, donna à l'abbaye d'Abondance l'ensemble du territoire qui constitue aujourd'hui notre commune. Un des frères d'Aymon, alors novice à Abondance fut chargé d'aller construire une nouvelle abbaye sur ces terres. Après bien des vicissitudes, les bâtiments abbatiaux sont édifiés en 1144, et Ponce de Faucigny devient le premier abbé de ce monastère régi par la règle de Saint-Augustin, tout comme ceux d'Abondance et de Saint-Maurice d'Agaune en Valais

 

Désormais autonome, la nouvelle abbaye dut régler ses relations avec l'abbaye mère ; ce fut chose faite en 1160-61, Abondance gardant un certain contrôle sur sa filiale et ayant un droit de regard sur les élections abbatiales. Des bulles des papes Adrien 1er et Alexandre lll, dont les originaux subsistent aux archives de la paroisse vinrent sanctionner ce nouvel état de choses.

 

Désormais, l'abbaye allait avoir la charge spirituelle des villages à la ronde. En 1167, elle reçut mission d'assurer également le culte dans le village voisin de Samoëns. Son temporel resta toujours modeste et son exploitation requit une constante attention. Il s'y ajoutait, jusqu'à la révolution, les deux-tiers du produit des dîmes de Samoëns, ce qui n'était pas négligeable. 33 Abbés vont se succéder à la tête de l'Abbaye qui va rayonner sur la vallée du Haut Giffre jusqu'à la Révolution Française.

 

Après la série des abbés conventuels généralement originaires de la région, Sixt reçut des commendataires désignés par le souverain et connut quelques relâchements dans sa discipline. Lorsque Saint François de Sales vint à Sixt en 1603, il y trouva un aimable laisser-aller. Il fallut quinze années d'efforts à l'évêque pour imposer son autorité et faire admettre de nouvelles constitutions.

 

Au cours de son histoire, l'Abbaye va fonder les bases de la civilisation agropastorale qui, ici comme dans les autres régions de montagne, permettra à des générations de savoyards de vivre dans un pays rude et de s'adapter petit à petit aux évolutions nécessaires. L'abbaye entretenait avec les villageois des rapports complexes. S'ils n'ont pas défriché la vallée comme on leur en fait un peu vite le mérite, les chanoines ont du moins contribué à sa mise en valeur, peut-être en organisant au moyen-âge des transferts de population, en tout cas en pratiquant une politique raisonnée d'albergements.

 

La contribution qu'ils percevaient sous forme d'auciège, de dîmes et de prémisses était coquette, mais non dépourvue de contrepartie : en échange de l'auciège par exemple, ils déchargeaient les alpagistes du souci de leur approvisionnement. L'affranchissement de la communauté se fit à l'amiable en 1759. Bien sûr l'abbaye, comme toutes ses pareilles, fut emportée par le grand courant de 1793. Mais, en dépit des chicanes traditionnelles , les chanoines ne paraissent pas avoir laissé mauvais souvenirs à Sixt.

 

Vendus comme biens nationaux, les bâtiments claustraux furent en partie acquis par Albanis Beaumont, ingénieur désireux de relancer l'activité minière. L'autre partie resta aux aubergistes Cochet qui y tenaient en 1821 "la meilleure auberge du pays". Rachetée à la fin du 19ème siècle par la famille Rannaud, l'abbaye est devenue l'hôtel du Fer à Cheval et de l'abbaye. Fermé il y a quelques années, le bâtiment a été acquis en l'an 2000 par le département de la Haute-Savoie qui se propose d'y installer un lieu dédié à l'explication des liens complexes qui lient les habitants de cette vallée alpine à leur environnement.

 

Le patrimoine religieux de Sixt Fer à Cheval compte également l'église abbatiale dont la partie la plus ancienne est datée du milieu du 13ème siècle. Le trésor de l'Abbaye est particulièrement émouvant, non pas tant par le nombre et la richesse des objets conservés que par la qualité, l'ancienneté et la fragilité de certains d'entre eux. Les chapelles et oratoires sont nombreux sur le territoire de la commune et font l'objet d'un dynamique programme de réhabilitation initié par la paroisse.

 

Les hommes et la montagne : Venu s'installer pour différentes raisons dans la vallée, les habitants durent âprement lutter pour gagner le droit d'y vivre, devant sans cesse composer avec une nature omniprésente. Eleveurs et agriculteurs pendant des siècles, les Sizerets se feront tour à tour mineurs, tailleurs de pierre, colporteurs, mais aussi contrebandiers. Après 1860, ils accueilleront les premiers visiteurs venus contempler les splendeurs que la nature a rassemblé en ces lieux. Ils les guideront vers les sommets et transformeront peu à peu certaines de leurs maisons pour héberger les touristes, construiront des hôtels, puis des remontées mécaniques. Après l'installation de l'abbaye, la vallée se peuple peu à peu. Génération après génération, les hommes vont défricher et gagner du terrain sur la montagne pour cultiver et vivre de l'élevage. Ils développent la transformation puis l'échange et la vente de produits lactés. Mais le climat ne permet que de médiocres rendements et les catastrophes naturelles (éboulements, incendies, inondations…) se succèdent. Une génération de tailleurs de pierre voit le jour tout au long de la vallée du Haut Giffre. Ils taillent le Noir de Sixt, (calcaire toujours exploité de nos jours), et leur réputation franchit les montagnes. L'été, ils quittent la vallée pour travailler sur les chantiers dans toute l'Europe. Cette forme d'émigration estivale est spécifique au Haut-Giffre. Marie s'habille ... ou le costume féminin à Sixt à la fin du XIXème siècle Auteur : Anne MAUTAINT Edité par l'Association des Amis de la Réserve Naturelle de Sixt Livret illustré de 16 pages en vente à l'Office du Tourisme à 1.50 €. Cet ouvrage fait l'inventaire de ce qui compose le costume traditionnel des dames dans son contexte (vie quotidienne, mariage...)

Histoire de la vallée
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